Les satellites surveillent la marée noire

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#Image commentée , #Catastrophes , #Envisat , #MODIS , #Mers & Oceans

Publié le 11 mai 2010

Trois semaine après l’explosion de la plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique, le pétrole continue à s’écouler dans l’océan avec un débit impressionnant de 800 000 litres par jour. Tous les moyens sont mis en oeuvre pour tenter de contenir l’expansion de la pollution et protéger tant que possible les côtes fragiles de la Louisiane. Après l’échec des robots sous-marins, c’est maintenant la tentative de pose d’un «dôme de confinement» qui vient d’échouer. Les moyens de lutte classiques, comme les barrages flottants, les bouées absorbantes ou les produits dispersants, attendent le renfort de solutions plus drastiques, que ce soit le colmatage de la fuite par injection de caoutchouc, le forage d’un puits annexe ou l’intervention de bateaux dépollueurs, capables d’aspirer l’eau polluée et de la traiter avant de la rejeter en mer.

Une menace supplémentaire inquiète maintenant les scientifiques, à savoir la possibilité que la marée noire puisse être entraînée par le «Loop Current», ce courant en boucle qui est le prolongement du courant des Caraïbes et qui charrie les eaux de l'Atlantique Sud vers le Gulf Stream et l'Atlantique Nord via le détroit de Floride. 
Si les vents poussaient la marée noire vers le Sud ou si le courant devait se déplacer plus au Nord, le pétrole pourrait être entraîné vers l'archipel des «Florida Keys», un chapelet d’îles coralliennes qui s’étendent sur plus de 200 km au Sud-est de la péninsule de la Floride. Le pétrole, entraîné par le Gulf Stream, risquerait également atteindre la côte est des Etats-Unis.

 La nappe de pétrole vue par le capteur MODIS embarqué à bord du satellite Aqua de la NASA, le 25 avril (en haut) et le 9 mai (en bas). Cliquez sur les images pour les visualiser en meilleure résolution sur le site de la NASA.
Credit: NASA Goddard / MODIS Rapid Response Team

Les images ci-dessus sont des images en couleurs naturelles acquises par le capteur MODIS le 25 avril (en haut) et le 9 mai (en bas). L’observation de pollutions par hydrocarbures sur de telles images n’est possible que dans des conditions particulières, lorsque les rayons solaires sont réfléchis dans la direction même du capteur (effet appelé "sunglint"). La nappe, dont la surface est plus plane que l’eau environnante, agit comme un miroir, et apparaît plus claire.

Habituellement, ce sont les images radar qui sont utilisées pour détecter et suivre la progression des nappes d’hydrocarbures (voir la fiche pédagogique Les satellites traquent le pétrole).

Carte établie sur base de données ASAR récoltées le 2 mai 2010.
Pour plus d'informations, cliquez sur l'image. Source: ESA

Ainsi, les données récoltées par le capteur ASAR (Advanced Synthetic Aperture Radar) du satellite européen Envisat, combinées à des informations sur l'état de la surface de la mer et sur la circulation des courants, permettent d’établir avec précision la progression de la nappe et d'estimer le risque qu’elle rencontre le « Current loop ».

Plus d'informations

Deepwater Horizon - Centre de Documentation, de Recherche et d'Expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE)
Deepwater Horizon Incident, Gulf of Mexico - Office of Response and Restoration - NOAA's Ocean Service 
Envisat monitoring changes in oil spill
Marée noire : échec de la mise en place du dôme - Le Monde

D'autres images satellites

Images délivrées par la Charte Espace et Catastrophe majeures
Image Geoeye-1 du 29 avril 2010
Image Spot 5 du 25 avril 2010
NASA's Imagery of the Oil Spill
Spot VEGETATION Images 

Actualités de l'événement

19 May: Gulf of Mexico oil spill in the Loop Current
26 mai: L’avancée de la marée noire photographiée depuis l’espace - ESA Kids
13 june: See how the oil spill in the gulf would look over your hometown