L'hiver perd le Nord

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Publié le 18 janvier 2007

Le phénomène est sur toutes les lèvres : il fait trop chaud pour la saison. Après un automne exceptionnellement doux dans nos contrées, l'hiver ne semble pas vouloir montrer le bout de son nez. A quelques exceptions près, le constat est le même dans tout l'hémisphère Nord. Les conséquences de la hausse des températures sont souvent insolites, toujours préoccupantes : des cerisiers en fleurs au Nouvel an à New York, des stations de sports d'hiver désespérément vertes, des ours polaires insomniaques, des oiseaux migrateurs qui ne sont plus tentés par le Sud...

Anomalies de température de surface du mois de décembre 2006 par rapport aux 
années 2000-2005. Cliquez sur l'image pour la visualiser en meilleure résolution.
Copyright: NASA image by Jesse Allen, based on data from Zhengming Wan, 
MODIS Land Surface Temperature Group, Institute for Computational 
Earth System Science, University of California, Santa Barbara.

L'image ci-dessus montre les anomalies de la température moyenne de surface du mois de décembre 2006 par rapport aux températures moyennes du mois de décembre pour les années 2000-2005. Il est à noter que la température de surface est différente de la température de l'air, paramètre habituellement mesuré par les stations météos. L'image reflète les mesures du capteur MODIS, qui enregistre notamment dans le domaine de l'infrarouge thermique (rayonnement infrarouge s'étendant approximativement de 3,0 à 15,0 micromètres et faisant partie de l'infrarouge émis). En rouge apparaissent les zones pour lesquelles l'anomalie est positive (température moyenne de surface en journée plus élevée que la moyenne 2000-2005), en bleu les zones où l'anomalie est négative et en blanc les zones sans anomalie. L'image parle d'elle-même : une grande partie de l'hémisphère Nord montre des anomalies de températures élevées, atteignant par endroit jusqu'à 10°C (régions du Canada central, des grands lacs américains, Europe de l'Est et du Nord, Sibérie centrale). Par comparaison, les conditions observées l'hiver passé montraient un réchauffement pour l'Amérique du Nord, mais un refroidissement pour l'Eurasie.
Des taches bleues apparaissent çà et là, comme au centre des Etats-Unis, où certains Etats ont enduré des tempêtes de neige importantes, à l'extrême Est de la Russie ou en Asie du Sud-Ouest. En Afrique de l'Est, l'anomalie négative pourrait être expliquée par les précipitations importantes de la fin de l'année 2006.
Dès l'automne, des anomalies positives de la température de surface de la mer ont été constatées dans tout le bassin du Pacifique tropical, indiquant le retour de cet événement périodique appelé El Niño. Le phénomène devrait persister dans les mois à venir et certains spécialistes prédisent que la combinaison des effets de El Nino et du réchauffement dû aux gaz à effet de serre pourrait entraîner en 2007 des records de températures jamais atteints.

Plus d'info

Site Earth Observatory
Bilan climatique 2006 (provisoire) par l'Organisation météorologique mondiale 
Article El Niño dans Wikipedia