Populations déracinées

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Nous sommes inquiets de l’impact du ralentissement de l’économie, de l’augmentation des prix et du changement climatique sur les déplacements forcés de populations. Le nombre de personnes réfugiées à travers le monde va augmenter. António Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.

En Afrique, plus de 8 millions de personnes fuient chaque année les troubles politiques, les conflits ethniques et les guerres. A cette multitude de réfugiés "traditionnels" viennent s'ajouter un nombre plus important encore de réfugiés environnementaux, poussés loin de chez eux par la dégradation des terres, la sécheresse, la déforestation, les catastrophes naturelles, ou d'autres effets des changements environnementaux.

Enfants rassemblés dans la cour d'une 'école du camp de Djabal (Tchad) pour l'inscription à l'année scolaire. Il y a 3 écoles dans le camp, mais aucun meuble et, aucune fourniture scolaire. © UNHCR/H.Caux

Des milliers de personnes font la file pour recevoir des rations alimentaires à l'extérieur du camp de "déplacés internes" de Kibati (au nord de Goma). © UNHCR/P.Taggart/November 2008

La crise des réfugiés

Chaque jour, partout dans le monde, des personnes prennent la difficile décision de quitter leur maison pour fuir la guerre, la pauvreté, les catastrophes naturelles ou la persécution pour raison de race, de religion, de nationalité, d’appartenance à un groupe social ou d’opinion politique.

    Les conflits politiques détruisent tant la vie que les moyens de subsistance de nombreuses personnes. Ils ont également des conséquences néfastes sur le milieu environnant et des implications transfrontalières importantes. Entre autres ressources naturelles, les guerres peuvent dévaster les cultures, les forêts, les cours d’eau et leurs sources. Les réfugiés, à la recherche d’un havre de paix, peuvent également endommager les écosystèmes.

Un réfugié est une personne qui, “craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays...(Source: UNHCR)

Les “déplacés internes” sont les personnes forcées de quitter leurs foyers à cause d’un conflit, de persécutions ou en raison d’un désastre naturel, mais qui restent à l’intérieur des frontières de leur propre pays. (Source: UNDP)

D’après les données disponibles, 67 millions de personnes ont été déplacées de force en 2007. Cela inclut 16 millions de réfugiés, dont 11,4 millions relevant de la compétence de l’UNHCR et 4,6 millions de réfugiés palestiniens, qui relèvent de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés dans le Proche-Orient (UNRWA).

Le nombre de “déplacés internes” est estimé à 51 millions de par le monde: 26 millions ont été déplacés à la suite de conflits armés et 25 millions suite à des catastrophes naturelles.

Trois-quarts de ces personnes déplacées sont originaires d’Afrique ou d’Asie.Depuis les années 1950, beaucoup de pays africains ont subi des guerres civiles et des conflits ethniques, générant un très grand nombre de réfugiés de nationalités et de groupes ethniques différents. Une des raisons majeures citées pour expliquer le nombre de guerres civiles que l’Afrique connaît réside dans l’indépendance récemment acquise (dans les années 1950 et 1960) de nombreuses nations dont les frontières résultent du partage du continent en colonies européennes en 1885.

Les pays africains à l’origine du plus grand nombre de réfugiés sont le Soudan (686 000 soudanais résident en dehors du territoire), la Somalie (460 000 personnes), la République Démocratique du Congo (400 000 personnes) et le Burundi (400 000 personnes).

Réfugiés environnementaux

En plus des réfugiés “traditionnels”, il y a de plus en plus de réfugiés environnementaux, càd des “personnes qui ont été obligées de quitter leur habitat traditionnel, temporairement ou de manière permanente, à cause d’une catastrophe environnementale qui a mis en danger leur existence ou qui a affecté notablement leurs conditions de vie".

L’incapacité à subvenir à leurs besoins, en raison de dégradations environnementales, de catastrophes naturelles ou de projets de développement, force ces réfugiés environnementaux à quitter leur patrie. Les causes de ces migrations incluent la dégradation du sol, la sécheresse, la déforestation, les catastrophes naturelles et les autres changements environnementaux qui interagissent de manière destructive avec la pauvreté et la pression démographique. Il y a actuellement entre 25 et 30 millions de réfugiés environnementaux de par le monde, et on peut s’attendre à ce que leur nombre atteigne 200 millions en 2050, en grande partie en raison du changement climatique. Contrairement aux réfugiés traditionnels, les réfugiés environnementaux ne sont pas reconnus par la Convention de Genève ou l’UNHCR, et n’ont donc pas le même statut légal vis-à-vis de la communauté internationale.

Les dégradations environnementales peuvent exacerber les conflits qui, eux-mêmes causent d’autres dégradations environnementales, créant un cercle vicieux de déclin environnemental, de compétition sévère pour l’accès à des ressources de plus en plus limitées, d’accroissement des tensions, de combats intercommunautaires et finalement, de crises sociales et politiques.

Parmi les signes avant-coureurs écologiques liés aux conflits et à leurs impacts, on peut citer la limitation de l’espace habitable et la diminution de la production agricole.

Le camp DadaabL’image satellitaire prise en 1987 montre un paysage intact dans son ensemble, dominé par une végétation composée d’arbustes caractéristique des zones semi-arides. Sur l’image de 2000, les camps de réfugiés d’Ifo, Dagahaley et Hagadera apparaissent distinctement, révélant la présence et l’impact sur l’environnement d'une grande concentration de réfugiés—plus de 100 000—. Les zones boisées ont été réduites à quelques emplacement isolés et nus où survivent quelques arbustes et une maigre végétation, tandis que les plantes de rivière ont également souffert de pertes et de dégradations
(Source: UNEP )

Impact des déplacements de populations sur l'environnement

Le déplacement de réfugiés africains vers des bidonvilles, des camps ou des logements précaires s’accompagne de dégradations environnementales importantes des milieux souvent fragiles où ces habitats sont implantés. Les conséquences les plus importantes sur l’environnement sont:

  • la déforestation liée à la crise du bois de chauffage dans les camps;
  • la dégradation des sols dans les camps;
  • le prélèvement non durable des eaux souterraines;
  • la pollution des eaux;
  • la croissance incontrôlée des (bidon)villes.

Par ailleurs, les migrations humaines peuvent également avoir des conséquences positives, comme la régénération des sites abandonnés et parfois même le retour de la faune sauvage. Les biologistes spécialistes de la vie sauvage ont localisé des populations importantes d’animaux sauvages au sud du Soudan, populations qui ont apparemment échappé à la chasse non contrôlée durant plus de 20 ans de guerre civile.

Source: UNHCR

Sources

Atlas of Our Changing Environment - Africa
Massive wildlife population discovered in Southern Sudan - Mongabay.com
Protecting Refugees & The role of UNHCR
Refugees and Displacement - AllAfrica.com
Refugees, migrants and internally displaced persons - Amnesty International 
Relief Web

Liens

Chad and Darfur - Satellites supporting humanitarian aid
EOEdu Applications: Humanitarian Interventions