Zones brûlées en Afrique

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Cette image montre, en rouge, l’étendue des zones brûlées entre avril 2010 et mars 2011. Ce sont essentiellement les savanes des régions subtropicales, situées de part et d’autre de l’équateur, qui sont soumises aux feux annuels. Il s’agit aussi bien de feux d’origine naturelle que d’incendies volontaires.

La détection des feux à partir d’images satellites est réalisée grâce à un algorithme spécifique qui compare les valeurs enregistrées chaque jour à la moyenne des valeurs enregistrées les jours précédents. Cet algorithme a été développé par le projet Geoland2 financé par le 7e programme cadre européen de recherche et dévelppement.

L’image de fond est un composite de données journalières acquises par le capteur Spot VEGETATION entre 1998 et 2008.

Les surfaces affectées par les feux saisonniers entre avril 2010 et mars 2011 ont été dérivées de données satellitaires et sont montrées en rouge sur une image SPOT VEGETATION.

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L’Afrique est souvent appelée « continent de feu ». On estime que, sur 750 millions d’hectares de végétation brûlés chaque année, près de la moitié le sont en Afrique. Au niveau mondial, les régions les plus touchées sont l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et l’Afrique australe.

Bien que les incendies de végétation puissent se produire toute l'année en Afrique, plus de 90 % des incendies ont lieu durant la saison sèche. La végétation, morte ou dormante, et les arbres ayant perdu leurs feuilles produisent alors une'accumulation de matériaux combustibles sur le sol.

Ces incendies peuvent être d’origine accidentelle, mais le plus souvent ils sont déclenchés volontairement par les populations. Le feu est en effet traditionnellement utilisé comme un outil de gestion des terres. Pour les terrains agricoles, les feux servent à défricher et à éliminer les résidus desséchés. Pour les pâturages, le feu est le principal agent de décomposition qui permet le retour des nitrates dans le sol tout en maintenant une productivité élevée des terres. Les feux sont également utilisés pour traquer le gibier ou pour réduire les risques d’incendies non planifiés.

Les feux, s’ils sont volontaires, ne sont pas pour autant toujours contrôlés. Ils peuvent se propager rapidement et s’étendre à de vastes zones. L’abondance de végétation sèche, la faible densité de population et l’absence de zones pouvant agir comme pare-feu sont autant de raisons qui expliquent pourquoi les feux se propagent.

Les feux peuvent alors occasionner des dégâts matériels importants, voire des pertes en vies humaines. Ils ont également un impact majeur sur les changements globaux, car ils sont responsables d'importantes émissions de gaz à effet de serre et de particules en suspension. Les feux de savane et de forêt dégagent en effet près de 3,5 milliards de tonnes de CO2 et 17,5 millions de tonnes de particules, ce qui correspond respectivement à 42 % et49 % des quantités émises par les incendies au niveau mondial.

Ces différentes raisons justifient l’intérêt croissant pour l’étude des feux de végétation. Aujourd’hui, la télédétection apparaît comme un outil précieux pour le suivi des incendies et pour l’évaluation objective des émissions dans l'atmosphère.