Croissance périurbaine

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Urbanisation

L'urbanisation et la croissance urbaine sont des phénomènes mondiaux façonnant les principales tendances démographiques. La proportion de la population urbaine globale a augmenté de 13 à 49% entre 1900 et 2005. On estime que, en 2030, 60% de la population mondiale vivra dans les villes.

Les schémas modernes de croissance des villes sont de plus en plus consommateurs de terre. Avec l’amélioration des transports, les villes se développent en occupant des superficies de plus en plus importantes par personne. Tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement, la densité moyenne des villes a rapidement diminué: le taux annuel était de 1,7% au cours de la dernière décennie dans les pays en développement et de 2,2% dans les pays industrialisés.
Les carburants issus du pétrole sont les principaux moteurs de l'urbanisation.

Etalement urbain aux Etats-Unis: de la banlieue vers les «exurbs »

L'étalement urbain désigne le phénomène de développement des surfaces urbanisées en périphérie des villes et des banlieues, grignotant de plus en plus les régions rurales. Entre 1982 et 1997, les Etats-Unis ont converti plus de 10 millions d'hectares d'habitats naturels et de zones rurales en zones urbanisées.

En 2005, aux États-Unis, 81% de la population totale résidait dans des villes et des banlieues (contre 70% en 1960). La tendance actuelle est de s'éloigner des grands centres urbains et de s’installer à la périphérie des zones urbaines, où les logements sont plus abordables et les superficies plus grandes. Dans les 20 plus grandes villes et zones urbaines des États-Unis, seulement 41% de la population vit dans les villes elles-mêmes, tandis que 59% vit dans les environs.

Les “exurbs” , à la frontière des banlieues

Les banlieues sont des zones résidentielles situées immédiatement à la périphérie des villes. Elles sont apparues au 18ème siècle comme l’apanage des américains les plus riches qui pouvaient se permettre de faire la navette vers la ville.

L'étalement urbain s’est amplifié après la seconde guerre mondiale. Face à la pénurie de logements, les entrepreneurs ont appliqué le principe de la production de masse aux habitations, construisant des lotissements de taille modérée, et composés de maisons pratiquement identiques. Le gouvernement a contribué à la suburbanisation en subventionnant les crédits hypothécaires pour les anciens combattants et en facilitant les déplacements entre les villes et les banlieues, par la construction de routes.

La banlieue a fini par incarner le rêve américain où chacun peut aspirer à une meilleure qualité de vie. Avec le développement de la banlieue, de plus en plus de personnes appartenant à la classe moyenne ont abandonné les villes pour venir s’installer dans ces lieux plus propres, plus récents, socialement homogènes, offrant des écoles mieux financées, de plus grandes maisons et un plus grand sentiment de sécurité.


Pollution lumineuse (Source) & Carte de changement en densité de population et en pourcentage de superficies occupées par les exurbs, par comté et pour la période 1950 - 2000 
Source: Rural Land-use Trends int he Conterminous US,1950–2000

Image QuickBird en couleurs naturelles d'un exemple d'étalement urbain - Copyright © 2001-2009 Satellite Imaging Corporation

L'utilisation intensive de la voiture pour les trajets quotidiens est à la fois une cause et une conséquence de l'étalement urbain. La congestion du trafic est un problème croissant dans les villes et les banlieues, et les américains passent de plus en plus de temps dans les nombreuses navettes vers le travail, l’école, les commerces ou les activités sociales. À la fin des années 1990, le trafic était devenu intense tant vers les villes que vers les banlieues, et même entre différentes banlieues.

Dans l’espoir de trouver encore plus d'espace et des logements encore moins chers et de meilleure qualité, les gens ont continué à se tourner vers la périphérie des zones urbaines. Dans les années 1990, les banlieues les plus anciennes ont perdu une partie de leur population au profit de nouvelles banlieues et des “exurbs”, ces zones rurales en bordure des villes.

L'expression "exurb" (extra-urbain) décrit cette zone au-delà de la banlieue, occupée par des communautés aisées, qui n’est donc pas encore une banlieue à part entière mais qui n’est plus non plus tout à fait une zone rurale.

Les exurbs ont au moins 20% de leur population active qui fait la navette vers une zone urbanisée. La densité du logement y est faible et la croissance démographique y est relativement importante. Ces zones se développent plus de deux fois plus vite que les zones métropolitaines autour desquelles elles se sont implantées. Dans les années 1990, la vitesse de développement moyenne était de 31%. 
Dans les exurbs, la taille moyenne d’un lot typique est de 570 ares par maison, à mettre en comparaison avec la moyenne globale de 32 ares par maison. 
Les résidents sont en général blancs, disposent de revenus intermédiaires, sont propriétaires de leur maison et sont des navetteurs. 


McMansion 
Le terme McMansion est utilisé pour décrire un type particulier de logement construit rapidement et en utilisant des techniques modernes économisant la main d’oeuvre, d'une manière qui rappelle la production de hamburgers dans les fast-foods comme MacDonald’s. Il fait référence à des maisons ayant des dimensions plus importantes (> 280 m²) que la moyenne et qui sont souvent situées dans des nouveaux lotissements. Ces maisons font souvent partie de petits quartiers homogènes construits par le même entrepreneur. Bien que généralement spacieuses et relativement coûteuses, les McMansions se distinguent des "vraies" maisons par le fait qu'elles sont fabriquées en série et ne sont pas uniques d’un point de vue architectural.

Source: Wikimedia

Et à l'avenir ?

Pendant des décennies, le développement des banlieues a été favorisé par le faible prix de l’essence. Les coûts de transport plus faibles faisaient de l’installation en banlieue un choix économique.

Une hausse des prix de l'essence forte et durable pourrait inverser les tendances actuelles de l'urbanisation, la voiture privée et les longues navettes devenant trop chères. Parallèlement à l’augmentation du prix de l’essence, les prix de l'immobilier ont chuté. Cette baisse touche pratiquement tout le pays, mais est généralement beaucoup plus grave dans les banlieues éloignées que près du centre des villes densément peuplées. Dorénavant, le fait de vivre dans les exurbs influence le revenu disponible: dans le Minnesota, les familles dépensent près d'un tiers de leurs revenus en frais de transports, alors que les citadins n’en dépensent que 20%. De plus en plus d'américains sont donc en quête d'un logement plus près de leur lieu de travail.

Au cours des deux dernières décennies, la distance parcourue par personne et par jour a augmenté, parallèlement à la diminution du coût réel de l’utilisation de la voiture. Ces tendances se sont récemment inversées et le nombre total de km parcourus par les véhicules privés en mars 2008 a diminué de 4,3% par rapport à l'année précédente.


Suivre l'étalement urbain grâce à la télédetection

L'étalement urbain entraîne une augmentation des surfaces pavées ou bitumées. Des cartes de ces surfaces imperméables, élaborées à partir d’images satellites, sont utilisées pour détecter les nouveaux aménagements urbains. Elles remplacent les traditionnelles photographies aériennes, plus longues à traiter et plus coûteuses, et permettent aux urbanistes d’avoir une meilleure compréhension de la croissance des villes. Ces cartes permettent de suivre l’évolution d’une zone au cours du temps et montrent donc l’avancement des développement résidentiels.

Surfaces imperméables
Etendue des surfaces imperméables à Washington et Baltimore. En rouge sont représentées les concentrations élevées de surfaces imperméables, en bleu les concentrations moyennes et en vert les faibles concentrations. . L'image de base a été acquise par le satellite Landsat de la NASA et la carte des surfaces imperméables a été dérivée de données combinées Landsat et Ikonos - Source: Earth ObservatoryExtent of impervious surfaces in and around Washington and Baltimore. Red represents high concentrations of impervious surfaces. Blue represents moderate concentrations and green represents low concentrations of impervious surfaces. The base image was acquired by NASA's Landsat satellite, while the map of impervious surfaces was derived with data from both Landsat and IKONOS - Source: Earth Observatory

 

Le coût de l'étalement urbain

Le terme étalement urbain a généralement une connotation négative en raison des problèmes sociaux (absence de mixité sociale), environnementaux et même de santé publique (sédentarité) qu’il engendre.

L’impact le plus évident est la disparition d’espaces agricoles, forestiers, pastoraux ou naturels, et de leur faune et de leur flore. De plus, étant donné que l'étalement urbain soutient et dépend fortement de l'utilisation de la voiture, il contribue de manière non négligeable à la pollution de l'air et aux changements climatiques.

Il entraîne également une augmentation des dépenses et de la consommation d’énergie pour assurer l’accès des résidents aux différents réseaux de distribution (eau, gaz naturel, électricité) et aux différents services (égouts, déchets, recyclage), et ce, sur de longues distances et de grandes surfaces. La mise en place et le maintien de ces réseaux et services occasionnent ainsi une aggravation de la pollution de l'air et influencent la santé tant des humains que des écosystèmes.

Sources
Ecosystems and Human Well-being: Current State and Trends- Urban Systems - Center for International Earth Science Information Network - Colombia University
Finding Exurbia: America's Fast-Growing Communities at the Metropolitan Fringe - Brookings
New Satellite Maps Provide Planners Improved Urban sprawl insight - NASA GSFC 
UNFPA State of the World Population - Peering into the Dawn of an Urban Millennium
Urban Growth in American Cities - USGS
Urbanization of Americca - TheUSAonline