Publié le 15 septembre 2026
Du 13 au 18 septembre 2026, Gand est devenue le centre de la communauté internationale de la couleur de l’océan à l’occasion de la conférence Ocean Optics XXVII, qui a réuni plus de 350 scientifiques, ingénieurs, étudiants et experts en observation de la Terre venus de 29 pays.
Ocean Optics est la principale conférence internationale consacrée à l’optique des eaux intérieures, côtières et océaniques. Pour la communauté de l’observation de la Terre, cela va bien au-delà de l’étude de la propagation de la lumière dans l’eau. L’optique océanique fournit les bases physiques permettant de transformer les mesures effectuées par les capteurs satellitaires en informations sur le phytoplancton, la chlorophylle, les matières en suspension, la qualité de l’eau, le cycle du carbone et l’évolution des écosystèmes aquatiques.
La conférence se situe donc à l’interface entre les observations satellitaires, les mesures in situ, les instruments optiques et les algorithmes. Les thèmes abordés vont du transfert radiatif et de l’écologie du phytoplancton aux nouvelles technologies d’observation, en passant par la télédétection hyperspectrale et les applications des données issues des missions satellitaires actuelles et futures.
L’expertise belge à l’honneur
Organisé par le groupe de recherche Marine Optics and Remote Sensing (MarSens) de l’université de Gand,présidé par Griet Neukermans, le congrès Ocean Optics XXVII a offert une occasion unique de réunir en Belgique la communauté internationale spécialisée dans l'optique océanique et de mettre en avant l'expertise des équipes de recherche belges.
Des chercheurs de l’université de Gand, de l’université de Liège, de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB), du VITO et du VLIZ, entre autres, ont occupé une place prépondérante tout au long du programme scientifique.
L’un des moments forts a été l’exposé liminaire de la Dre Aida Alvera-Azcárate de l’université de Liège, qui a abordé le défi que représente l’interpolation d’observations observations éparses de la couleur de l’océan.

Les recherches financées par STEREO étaient également directement représentées dans le programme. Timotheus Fügl a présenté les travaux menés dans le cadre du projet ROCOCO sur la cartographie du carbone inorganique particulaire (PIC) à l’aide des observations de la mission PACE de la NASA.

L’unité Gestion de l'environnement marin du IRSNB a présenté plusieurs exposés oraux et posters. Parmi ceux-ci figurait un travail sur AQUASCOPE, développé par l'IRSNB et le VITO en tant que service d’observation de la Terre consacré aux milieux aquatiques destiné aux utilisateurs de la mer du Nord belge.
AQUASCOPE combine les observations de Sentinel-2 et Sentinel-3 pour fournir des informations sur des paramètres tels que la chlorophylle a, la turbidité, les matières en suspension, les proliférations d'algues et la température de surface de la mer.
D’autres contributions belges ont couvert un large éventail d’observations aquatiques de la Terre, notamment Sentinel-3/OLCI, l'observation satellitaire hyperspectrales, les mesures par drones, la correction atmosphérique et le potentiel de l’imageur combiné flexible de Meteosat de troisième génération pour observer les processus marins en mer du Nord.
Une communauté intergénérationnelle
Ocean Optics n’est pas seulement un congrès scientifique majeur, mais aussi une communauté internationale remarquablement soudée. Les doctorants et les jeunes chercheurs y jouent un rôle de premier plan et ont de nombreuses occasions d’échanger directement avec des scientifiques reconnus dans le domaine.
Des événements de réseautage et des formations courtes renforcent ces échanges entre les générations. Rien que dimanche, 95 participants ont pris part à des formations spécialisées et à des ateliers.
L’intérêt pour la présentation de nouveaux travaux de recherche a été exceptionnellement élevé. Sur environ 270 propositions de présentations orales, seules 51 ont pu être retenues. Les posters ont donc constitué un volet tout aussi important de l’échange scientifique, avec 256 présentations de posters tout au long de la semaine.
Cette combinaison d’une communauté scientifique ouverte et d’un programme délibérément multidisciplinaire rassemble des océanographes, des limnologues, des écologistes marins, des ingénieurs en optique, des scientifiques spécialisés dans l’observation de la Terre, des développeurs de technologies et des spécialistes des données. Elle crée un environnement dans lequel de nouvelles techniques d’observation peuvent évoluer, depuis des mesures expérimentales jusqu’à des produits et applications d’observation de la Terre aboutis.
BELSPO soutient l’observation de la Terre aquatique
BELSPO, par le biais du programme STEREO, est fière de soutenir Ocean Optics XXVII en tant que sponsor de la conférence, aux côtés de partenaires belges tels que le FNRS, le FWO et le VLIZ, ainsi que d’organisations internationales, notamment la NASA, ESA, EUMETSAT et Copernicus.
L’organisation d’une conférence de cette envergure en Belgique renforce la visibilité internationale des équipes de recherche belges, offre de nouvelles possibilités de collaboration et permet à de jeunes scientifiques belges d’échanger directement avec certains des plus grands experts en observation de la Terre aquatique.
Des instruments immergés aux capteurs situés à des centaines de kilomètres au-dessus de la Terre, Ocean Optics XXVII a démontré comment la compréhension de l’interaction entre la lumière et l’eau nous permet, en fin de compte, d’observer nos océans, nos côtes et nos eaux intérieures depuis l’espace.
